L’histoire d’Azzato depuis 1919

De Michele Azzato, qui installe son atelier à Bruxelles en 1919, aux reprises successives jusqu’à aujourd’hui : un siècle de lutherie, retracé fidèlement.

Deux hommes dans le magasin, l’un tenant une guitare archtop Höfner, au milieu de cartons

Azzato n’est pas né avec les guitares qui couvrent aujourd’hui ses murs. La maison commence avec un homme parti à pied vers Paris, remonte par les mandolines et les banjos, traverse deux reprises, et reste aujourd’hui un magasin familial, à Bruxelles comme à Louvain-la-Neuve.

1887-1918 · L’homme avant l’atelier

Michele Azzato naît en 1887, en Italie. Vers l’âge de dix ans, alors qu’il est berger, il quitte son village et gagne Paris à pied. Une famille de musiciens l’y recueille, lui apprend le violon et l’oriente vers la lutherie. Mobilisé en 1914, il est blessé au combat et reçoit les derniers sacrements à l’hôpital militaire, avant de se rétablir.

À un ami venu lui rendre une dernière visite, il demande d’être porté dehors : il veut voir le soleil, pas mourir enfermé.

1919 · L’atelier, à Bruxelles

Arrivé en Belgique, Michele installe son atelier rue Blaes, puis rue du Lombard, avant de se fixer au 79 de la rue des Éperonniers. Il y fabrique des mandolines et des banjos de très bonne facture, et vend violons, violoncelles, contrebasses, cordes et partitions.

1931 · Les banjos Azzato-Jacobacci

L’atelier collabore avec la célèbre maison Jacobacci, à Paris, pour la fabrication des banjos Azzato/Jacobacci.

Années 1950 · La guitare, et Nicolas Alfonso

La guerre passée, où il a vendu radios et petit matériel pour tenir, Michele suit l’engouement naissant pour la guitare. Nicolas Alfonso, grand maître de l’instrument récemment arrivé en Belgique, devient un habitué. Le magasin s’impose peu à peu comme le centre du monde de la guitare à Bruxelles.

1968 · La maison change de mains

À plus de 80 ans, Michele cède le magasin à deux élèves d’Alfonso devenus professeurs de guitare, Jacques et Dominique Cormont. Ils relancent la lutherie, ouvrent l’offre aux instruments du monde, anciens et à vent, deviennent distributeurs de marques espagnoles et allemandes, et font de la maison la spécialiste des cordes.

1982 · Rue de la Violette

Le magasin quitte la rue des Éperonniers pour le 42 de la rue de la Violette, dans l’ancien restaurant L’Écu de France. La même année, Michele Azzato s’éteint à 95 ans, après plus de quatre-vingts années de vie parsemée d’instruments.

2014 · Un second magasin, à Louvain-la-Neuve

Après les enfants de Jacques et Dominique, dont Philippe pour le magasin d’instruments, la maison ouvre une succursale au cœur de la ville universitaire, pour les étudiants, les écoles et les musiciens du Brabant wallon.

2023 · Une nouvelle reprise

Le 1er septembre, quand Philippe cesse ses activités, Christian Bormans, l’un de ses employés, reprend la maison avec son vieil ami Benoît Goes, sous la société Blackbird Music. L’accent est mis d’abord sur les guitares folk, puis sur les ateliers, avec l’engagement d’un luthier guitare et d’une luthière du quatuor.

Aujourd’hui

Azzato, c’est aujourd’hui deux magasins, à Bruxelles et à Louvain-la-Neuve, et plus de 3 000 instruments disponibles.

2024 · La continuité de Hill’s Music

À la fermeture du magasin Hill’s Music, en mars, Azzato en assure la continuité en engageant son pilier, Thierry Herremans, qui poursuit l’entretien des instruments vendus par son père et lui-même durant les cinquante dernières années.


Azzato reste un lieu où l’on vient chercher un conseil qui engage celui qui le donne : un instrument essayé en magasin, réglé à l’atelier, et suivi ensuite.